Equateur - Récit
Nous atterrissons à Quito, ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre. Le taxi nous amène vers la vieille ville. Choisir un hôtel est toujours un moment délicat : ouvrir le guide, lire les recommandations, puis un peu comme au loto, opter pour le meilleur de la série. Ce coup de poker peut être une merveilleuse surprise ou une descente aux enfers.
Notre « Hostal » se trouve juste à côté du marché central où l’on peut y acheter toute sorte de nourriture, des pieds de poule en passant par des têtes de cochons. Au premier étage, on trouve un dédale de stands proposant des plats locaux cuisinés par une petite grand-mère en arrière boutique.
Tout à l’air très bon, le plat du jour coûte 2 dollars, le jus de fruits pressé 50 cents, c’est décidé, nous en ferons notre cantine ! Chaque stand scande le nom de ses plats et ses prix. Après plusieurs passages, nous jetterons finalement notre dévolu sur 2 stands, tenus par des équatoriennes au sourire ravageur. Conquis, nous y reviendrons tous les midis, au plus grand plaisir de nos cuisinières qui commencent à s’habituer à la présence de ces deux « voyageurs ». Pour nous, c’est un moment de détente très agréable où nous découvrons la vie des locaux et apprenons à mieux les connaître tout en dégustant une excellente cuisine.
Entre nos entretiens, nous en profitons pour découvrir la vieille ville où nous y sentons une certaine insécurité. En recherche de beaux clichés, nous nous engageons dans des ruelles éloignées du centre et nous passons sans le savoir une frontière invisible. Il y a beaucoup moins de monde, les rues sont silencieuses et une atmosphère pesante se fait vite ressentir. Juste le temps de réaliser que nous ne sommes pas à notre place, quelques motos font des aller retour devant nous, les regards sont froids et déterminés, il est temps de partir. Nous entrons alors dans une boutique pour temporiser puis nous filons par la première ruelle qui rejoint la place centrale. C’est la première fois depuis le début du voyage que nous sentons vraiment le danger.
Quito offre aussi des quartiers plus touristiques où bars cosis et restaurants de tous pays accueillent la jeunesse dorée de Quito. Nous y passerons une soirée chaleureuse, entourée d’italiennes, dégustant tapas et vin rouge. Ces diners dans des endroits « européens » sont rares mais nous aimons nous y rendre de temps en temps, y retrouver une atmosphère dont nous avons perdu l’habitude.
En route vers le Pérou ! Nous faisons un stop à Quilotoa, un cratère de volcan superbe, rempli d’une eau bleue verte. Nous en faisons le tour, 5 heures de trek intense qui nous mettront en jambes pour nos aventures péruviennes.
La dernière nuit avant le passage de la frontière se fait à Cuenca. Nous arrivons à minuit, les rues sont pleines, la musique raisonne dans tous les coins, c’est une fête nationale, la fête des morts ! Le réceptionniste du 10ème hôtel raccroche pour la dernière fois, la liste des 50 hôtels de la ville est finit. Rien à faire, il n’y a aucune chambre de libre pour ce soir. Il est 2 heures du matin, ce brave homme nous propose alors de déplier nos sacs de couchage dans la laverie de l’hôtel ! Nous sommes épuisés par le trek du matin et les 10 heures de bus qui ont suivi, ce couchage de fortune et ces quelques heures de sommeil feront notre bonheur ! Au petit matin c’est le départ tant attendu pour le Pérou…